Les pisses culottes

POLÉMIQUESOULOSSE : LA LÉGALITÉ DE CERTAINES DÉLIBÉRATIONS CONTESTÉE

L’utilisation du bâtiment des Tourterelles par les associations, notamment, fait polémique.

L’utilisation du bâtiment des Tourterelles par les associations, notamment, fait polémique

  • Patrick Roger, ancien maire, a interpellé la gendarmerie et les services de l’Etat.

SOULOSSE-SOUS-SAINT-ELOPHE

Le torchon brûle entre la maire de Soulosse-sous-Saint-Elophe et une partie de ses administrés dont son prédécesseur, Patrick Roger, qui porte l’affaire sur la place publique.

Lundi soir, alors que l’ordre du jour du conseil municipal suit son cours, Catherine Renaud-Vermandé, élue maire en mars dernier, déclare le huis clos, à défaut de le faire voter - à la majorité absolue et en prélude aux débats - comme le stipulent les textes. Dans l’assistance ce soir-là, Patrick Roger, qui a présidé aux destinées de la commune durant dix-neuf ans, après avoir été l’adjoint de feu Roger Souchal : « Lorsque j’ai demandé pour quelles raisons le huis clos a été déclaré, on ne m’a répondu que par un mot : confidentialité », ne décolère pas Patrick Roger.

« Les vieux qui pissent dans la culotte… »

Moins de six mois après avoir annoncé son retrait de la vie publique, l’ancien premier magistrat, âgé de 62 ans, se montre particulièrement amer. Et parle de gâchis. Il évoque et regrette en bloc certaines décisions prises par la nouvelle municipalité telles la suppression des Mercredis récréatifs, les emplois liés ainsi que l’accueil et loisirs sans hébergement et les subventions afférentes ; la fermeture du musée gallo-romain et, désormais, la restitution à la commune de l’utilisation par l’association qu’il représente, dans le bâtiment des Tourterelles, de salles par le club de l’amitié, celui des aînés.

« La réunion à huis clos est réservée aux cas exceptionnels, écrit-il à la sous-préfète de Neufchâteau , lorsque certaines questions ne peuvent, sans danger pour les intérêts communaux, être discutées en public. Le huis clos peut être ordonné dans n’importe quel domaine, mais il doit être justifié par un intérêt public. Madame le Maire semble vouloir en faire une pratique habituelle pour qu’aucune information ne circule. Il est vrai que si l’on considère que parmi les arguments avancés hier (lire lundi, Ndlr) , Mme (X) a argumenté pour justifier ne plus vouloir mettre à disposition du club de l’amitié la salle de cantine des Tourterelles, “les vieux qui pissent dans la culotte et qui s’asseyent sur les chaises de cantine c’est pas très hygiénique”, il vaut mieux que de tels propos ne soient pas répétés. »

A 22 h 10, Patrick Roger téléphonait à la gendarmerie pour entrave et mardi, à 14 h 05, il portait l’affaire en sous-préfecture. « Il n’est pas possible de décider le huis clos sur la seule initiative du maire et sans que les élus aient été appelés à voter. L’irrégularité du huis clos entraîne celle de la séance et par conséquent, la possibilité de faire annuler les délibérations adoptées , » écrit-il à la représentante de l’Etat. Si le contrôle de légalité ne s’exerce pas dans le sens qu’il souhaite, Patrick Roger plaidera alors « la cause du droit » devant le tribunal administratif.

Nonobstant une situation délétère voire conflictuelle, Catherine Renaud-Vermandé regrette. « On est venu pour continuer à travailler et ce, en toute transparence » lâche-t-elle. Et d’affirmer que le huis clos a bien été envisagé dès l’arrivée de l’ensemble des édiles, à 20 h 30, lundi soir. « Tous ont été d’accord dès le début. » Pour quelle raison ? « Parce que j’allais parler de choses confidentielles que je ne vous rapporterai pas ici. » Dont acte.

S’agissant de l’utilisation, par les associations, du bâtiment des Tourterelles, elle indique : « Nous n’avons jeté personne dehors et proposé deux alternatives. Ce bâtiment a reçu des aides de la CAF, notamment pour accueillir des enfants et à d’autres fins. » Elle observe que certaines clés donnant accès à des salles communales n’ont pas toutes été restituées, que deux personnes dans l’assistance « ne se sont pas comportées de manière correcte de sorte que je ne pouvais le supporter plus longtemps. » Quant aux propos discourtois tenus par un membre du conseil au sujet des aînés, elle corrige : « Une de mes adjointes s’est permise de dire que parfois, quand même, les aînés exagèrent, qu’ils sortent des toilettes avec des taches sur le pantalon et que tout cela n’est pas très hygiénique. Mais ce n’était pas agressif, c’était simplement pour informer » , défend-elle. Et de conclure : « Ma tête est mise à prix. On a parié de l’argent sur moi, que je démissionnerais dans les deux ans. Mais c’est mal me connaître. Qu’on aille au tribunal administratif après tout… »

Olivier JORBA O.J.

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