"Pas de charrette, pas de Denise"

Pour trouver "la Denise" , il faut d'abord chercher la charrette dont elle ne se sépare jamais. Quand vous avez trouvé la charrette, Denise n'est pas bien loin.

Une charrette qui ne la quitte pasPour trouver "la Denise" , il faut d'abord chercher la charrette dont elle ne se sépare jamais. Quand vous avez trouvé la charrette, Denise n'est pas bien loin. Soit elle est occupée à trier des vieux chiffons, soit elle est entrain de la remplir de ses cueillettes. Elle cueille tout, depuis les asperges des bois qui poussent le long des chemins, jusqu'aux fraises bois dont elle va faire de la confiture. Framboises, mûres, mais aussi les morilles, trompettes de la mort ou autres champignons de nos sous bois vosgiens. En été chaque jour elle revient avec un gros bouquet de fleurs des champs. depuis l'ouverture de la cahsse aux escargots, elle en a déjà ramassé quelques uns. "La Denise" fait partie du paysage familier du village. Dès six heures du matin, été comme hiver elle tire sa charrette et s'en va vers ses multiples occupations. Née dans une famille de vingt enfants, la vie n'a pas été tendre avec elle. Au bois pendant l'hiver "on y allait à pied et en vélo, qu'on se partageait à trois chacun son tour...", aux champs l'été, il fallait survivre. Mariée à Pierre Jonval, -elle en a oublié la date- elle aura dix enfants. Dix enfants qu'elle va quasiment élever seule, puisque son époux va décéder la laissant seule avec ses dix enfants. Avec une maigre pension de veuve, elle fera vivre sa famille grâce à son champ de légumes et l'élevage familial de volailles. De quoi mijoter des petits plats pour toute la famille, en faisant des conserves pendant l'été pour tenir le coup l'hiver. Durement malmenée par la vie, elle va perdre deux de ses enfants dans un même accident de la route. Il y a cinq ans, elle en verra un autre quitter ce monde. "Je ne me souviens pas des dates" confie t'elle sereine, quand on lui pose certaines questions. Oui Denise a des trous de mémoire qui la mettent parfois dans l'embarras, mais pas très longtemps, elle a la rage de vivre et vaque chaque jour selon un rituel bien précis. Levée à l'aube dès que le jour pointe elle va nourrir les cochons. Pour cela elle va faucher l'herbe, la distribuer aux animaux dans les auges avec les croûtes de pain collectées autour d'elle. Elle va nourrir les poules et les canards. Un espace situé en dehors du village qui lui font faire quelques kilomètres à pieds. Evidemment Denise n'a pas de voiture, pas de téléphone, et si elle regarde la télé c'est juste les Feux de l'Amour et les informations. "Je mange en vitesse un bout de pain le midi, je prends mes cachets pour le cœur et je repars, car j'ai toujours quelque chose à faire". Quand nous l'avons rencontrée, elle venait de cueillir les groseilles d'une amie pour en faire de la gelée. Elle se réjouissait aussi d'avoir trouvé à nouveau un trèfle à quatre feuilles ! Un bonheur pour elle ! Une vie simple mais bien remplie !

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